Dernier événement Heliocycle de la saison, des journées et soirées dédiées à l’exploration des liens entre Art et Vivant ! Pour cette soirée, place à 6 artistes, un vernissage, une exposition et des performances visuelles et sonores qui se déploieront du pont des Poissonniers jusque sous le Tunnel des Voix de la Gare du Nord, exceptionnellement ouvert au public comme lors de la Nuit Blanche.
Vernissage & Exposition Studio Nom'É
"Renoué·e·e·r" - 19h-00h
Renoué·e·e·r propose de recomposer nos liens au vivant en traversant un lieu aux pratiques agricoles et culturelles de la petite ceinture parisienne. L’exposition redessine des relations aux plantes oubliées, à travers des pratiques jardinières jusqu’aux imaginaires que le Jardin des Traverses s’active à faire vivre.
Elisa Chaveneau et Noémie Vincent-Maudry, co-fondatrices du Studio Nom’E, se sont attachées durant leur résidence à créer, par leurs œuvres, des situations où différents régimes matériels cohabitent. Le vivant y apparaît comme débordement, comme flux invisible, tandis que la matière dite morte conserve les traces de ces interactions sous forme de surfaces marquées.
Noémie choisit la méthode de l’anthotype : un procédé photographique alternatif qui révèle des images grâce à des pigments naturels exposés au soleil. Ces empreintes végétales déplacent la temporalité habituelle de l’image photographique. Elles ouvrent un autre moyen plus lent, plus écologique de mettre en relation le vivant et la pratique artistique.
Elisa à travers des céramiques et des peintures raconte une histoire de relations et d’échanges. La matérialité et l’esthétique qu’on lui suppose occupent une place centrale dans son approche plastique et dans son processus formel. Mais il s’agit d’une matérialité qui va au-delà du visible. Elle re-modèle nos relations et nos affects, renouant un dialogue entre sujet et nature et y laisse des traces d’une Renouée du Japon, d’érables, de platanes, ou encore de morceaux de verre récoltés sur le site.
La céramique d’Elisa et les anthotypes de Noémie deviennent ainsi capables d’archiver des relations avec des entités vouées à disparaître.
Par leur recherche et leurs œuvres, les deux artistes prolongent un dialogue entre leur environnement et les pratiques collectives qu’elles connaissent depuis leurs premières années aux Beaux-Arts, et qu’elles poursuivent aujourd’hui dans leur atelier Le Houloc à La Courneuve.
En prêtant attention à ce qui se joue en arrière-plan et tout le long de la balade parcouru à travers leurs pièces, on peut y lire les images des échanges et des rencontres avec les plantes et les objets qui composent le Jardin des Traverses.
Performance visuelle et sonore Alix Hugonnier & Gaël Segalen
"et je n’ai pu endurer la perfection du silence" - 21h30
et je n’ai pu endurer la perfection du silence est une performance visuelle et sonore conçue pour le tunnel des Poissonniers du Jardin des Traverses. Plongeant dans les strates sonores et visuelles du lieu, la performance fait émerger des images et sons à la fois bruts et fragiles à la lisière du perceptible au milieu du vacarme.
Alix Hugonnier & Gaël Segalen activent ensemble un travelling visuel inspiré de la photographie de Schlieren – un dispositif optique hérité de la théorie des fluides qui permet de rendre visibles les flux d’air – en différé et en direct, conjugué avec un travail sonore. Elles composent une musique du lieu qui mêle manipulations d’objets, enregistrements in situ, jeux de contact avec les rails et des modes de diffusion / instruments originaux.
Le tunnel des Poissonniers, situé à la lisière de Paris tient historiquement son nom de l’acheminement des marchandises de la mer dans la ville. Son architecture monumentale, faite de béton, métaux et gravats, sa géométrie brute et son hyper fréquentation produisent un vacarme environnant (trains, tramways, véhicules, habitant·es) qui le rend difficile à occuper. En négociant avec ces contraintes, les deux artistes invitent, en temps réel, le public à parcourir une histoire visuelle et sonore à contrepied, d’où émerge un récit fragile et dense.
Ciné-concert $uperPola
"Les sirènes de la nuit" - 22h30
Entre documentaire poétique et création musicale improvisée, cette performance de 30 minutes offre une expérience immersive unique, où l’image et le son se répondent pour célébrer la vie secrète des chauves-souris.
Les images exceptionnelles de Tanguy Stoecklé, cinéaste animalier, réalisateur de documentaire, sont le fruit de plusieurs années d’observation patiente et passionnée. Ces séquences inédites dévoilent la grâce, la complexité et la beauté secrète de ces mammifères volants, trop souvent incompris.
$uperPola invite le public à un voyage sonore en direct, où la musique épouse chaque battement d’aile, chaque silence, chaque mouvement. La musique y apparaît comme une matière profonde, parfois lumineuse, parfois plus sombre, ou abstraite. Ces zones d’ombre ne sont pas ici pour inquiéter, elles ouvrent plutôt un passage vers tout ce que l’on ignore encore de soi et que l’improvisation invite à recueillir.
Ce n’est pas le récit d’un voyage, mais la traduction d’un état : celui d’être traversé – par le vol, par la nuit, par le mystère des Sirènes de la Nuit.
DJ set Accalmie
Ambient music - 19h-00h
Victor Baudin est un musicien travaillant entre Le Havre et Paris. Il sort son premier album de musique ambient et expérimentale en 2020. La même année, il crée avec Clément Viévard le groupe de musique ambient Accalmie avec la sortie de l’album « Semaine de huit jours ». Un autre EP sort ensuite en 2022 sur le label du 106, Alt DSL.
La musique ambient cherche à capturer les sensations et les impressions d’un moment donné. Par la collecte diversifiée de sons du réel et par la création de sons artificiels, elle nous emporte dans un univers à la fois présent et ailleurs.
C’est une musique de contemplation auditive qui aménage une autre temporalité dans laquelle l’auditeur peut voyager. Le temps y est étiré, en suspens, raccourci.
Gaël Segalen
Alix Hugonnier
$uperPola
Studio Nom’É
Studio Nom’É est une association artistique fondée par Noémie Vincent-Maudry et Elisa Chaveneau en 2025. À la croisée du design, de la sculpture et de l’installation, leur pratique commune explore les relations entre humain·es et non-humain·es, en portant une attention particulière au vivant, aux territoires et aux enjeux écologiques. Le studio développe des projets ancrés dans une recherche sensible et matérielle, interrogeant nos manières d’habiter et de coexister. À travers des objets biosourcés, des sculptures évolutives et des dispositifs participatifs, il propose de nouvelles formes de dialogue avec les milieux naturels et urbains. Noémie et Elisa ont exposé côte à côte au Musée d’Art Moderne de Paris, Les Flammes en 2021, au Centre Céramique Contemporaine de La Borne Digital Soba, à la Biennale Internationale de Design de Saint Étienne “Le monde Sinon rien” en 2022, et récemment à Paris , au Wonder, Summer Body et au Micro Centre d’art de l’Eprouvette, Terra Strata.